Crédit photo : IBS Event Photography
29 May, 2026

Spectacle sans limites avec Fish Killa

 

Le "Hitman" comme l’appelle à Conakry, a donné mercredi, au petit stade très prisé de la capitale guinéenne, un concert marquant la dédicace de son nouvel album « No Limit ». C’est un deuxième opus pour la route depuis que le chanteur a décidé de se mettre seul sur la route. Famille, proches, amis, fans, artistes et acteurs culturels étaient venus nombreux pour apporter leur soutien à l'artiste.


Article de SITANEWS

Correspeondance Conakry

 

Un enfant de la street danceAvant d'être un artiste de scène, Fish Killa a été un homme de danse urbaine. C'est là que tout a commencé - dans les quartiers populaires de Conakry où la culture urbaine s'invente au coin des rues, dans les schools et dans les paillottes. 

 

Comme beaucoup de ses pairs de sa génération, il s'est d'abord construit une identité à travers son corps — la gestuelle, le flow physique, cette façon d'habiter l'espace que seuls les danseurs de formation portent en eux même des années après avoir raccroché les baskets de scène. Cette école du mouvement hip-hop lui a forgé une présence que peu d'artistes guinéens possèdent : quand Fish Killa entre sur une scène, on le voit avant même de l'entendre.

 

Les années Instinct Killers : une famille… C'est au sein du Crew "IK" que Fish Killa a véritablement appris le métier. Le collectif, qui a tenu une place de premier rang dans le paysage hip-hop et urbain guinéen, a été pour lui une soupape : une université. L'écriture collaborative, la discipline du groupe, les exigences d'une formation collective où chaque membre doit trouver sa couleur sans écraser les autres — tout cela a façonné un artiste complet, attentif à l'équilibre entre le verbe et le son, entre le message et l'entertainment.

 

Mais les groupes ont leur cycle propre. Instinct Killers finit par se disloquer, comme tant de collectifs qui ont brûlé trop vite ou trop fort, emportés par les logiques individuelles, les opportunités divergentes, les ambitions qui ne trouvent plus à cohabiter. 

 

Son premier album avait posé les jalons. No Limit confirme et amplifie. Le titre seul dit tout d'un état d'esprit : celui d'un artiste qui a fait le deuil des contraintes collectives et qui explore désormais l'étendue de son propre registre. Sur cet opus, Fish Killa convoque des tendances multiples tout en préservant une identité sonore reconnaissable entre mille. C'est de la musique qui sait d'où elle vient sans se laisser emprisonner par ses origines.

 

Le Petit Sory, une nuit hors du temps… La soirée de mercredi a été architecturée avec soin. Avant que le Hitman ne prenne possession de la scène, plusieurs représentants de la jeune garde de la scène urbaine guinéenne ont assuré des premières parties de haute tenue. 

 

Ce choix de mise en avant de la nouvelle génération n'est pas anodin : il dit quelque chose de la posture de Fish Killa, artiste installé qui n'oublie pas d'où il vient et qui comprend que la scène guinéenne ne grandira qu'en s'élargissant. Puis Fish Killa est entré. Et pendant des heures, le Petit Sory n'a plus appartenu qu'à lui et à son public. L'osmose était à son comble. La présence scénique, — ce don hérité de ses années de galère — y était. 

 

Ce qui frappe, au fond, dans la prestation de Fish Killa au Petit Sory, c'est la nature du lien qu'il entretient avec son public. Il ne s'agit pas de la relation distante entre une star et ses admirateurs, mais d'une forme de complicité bâtie sur des années de proximité. D’où le nom de l’album : No Limit

 

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