Bakary DIABY
18 May, 2026

PARIS - Entretien exclusif avec Bakary Diaby, homme d'affaires multisectoriel guinéen


C'est dans le cadre feutré d'un hôtel ultra-luxueux du 16e arrondissement de Paris que le Président-Directeur Général de la Société Guinéenne de Business, d’Équipement et de Construction (SOGUIBEC S.A) a accepté de nous recevoir. Derrière le costume de l'homme d'affaires accompli se révèle une figure bien rare : un entrepreneur qui bâtit en silence, qui donne sans compter, qui investit dans l'humain et porte la Guinée comme une fierté intime.

 

BAKARY DIABY — c'est de lui qu'il s'agit —, cet entrepreneur multisectoriel, philanthrope discret… Les étiquettes sont nombreuses, mais l'homme, lui, les porte légèrement. L'humilité y oblige ! Au fil de cet entretien, l'homme d'affaires se confie sur son business florissant et diversifié, ses ambitions pour sa Guinée, sa philosophie de vie et ce moteur silencieux qui le pousse depuis des décennies. Il aurait pu se contenter de réussir. Mais il a choisi de servir. Dans sa conception de la vie, il préfère l'ombre aux projecteurs. Dans cet entretien exclusif, SITANEWS a réussi à faire parler l'altruiste discret ! Lisez notre échange, in extenso.


Temps de lecture : 7 min

 

SITANEWS : Bakary Diaby, vous êtes aujourd'hui à la tête de l'une des entreprises les plus influentes de Guinée. Comment définiriez-vous la SOGUIBEC S.A. et son apport au développement économique du pays ?

 

BAKARY DIABY : 

« La SOGUIBEC S.A. est une entreprise profondément engagée dans le développement de la vie économique et sociale de notre pays, à travers la création d'emplois, l'investissement et l'accompagnement des initiatives porteuses d'avenir. Il convient également de souligner que la SOGUIBEC n'est plus notre seule activité. Nous avons développé plusieurs filiales actives dans la commercialisation des ressources minières — bauxite, or — ainsi que dans le secteur des hydrocarbures, notamment le gaz. Nous sommes en plein essor, et c'est là toute l'ambition du groupe. »

 

Vous développez également une société de loterie, « GUINÉE MILLIONS ». Comment se porte cette activité aujourd'hui ?

 

BAKARY DIABY :

« En effet. Je m'intéresse à tout projet porteur de valeur et d'utilité collective. J'ai cru en ce projet dès le départ et je me suis pleinement investi pour le concrétiser. Aujourd'hui, je suis satisfait de l'évolution de GUINÉE MILLIONS. Les résultats sont encourageants et nous progressons dans la bonne direction. »

 

Depuis plus de vingt ans, vous êtes reconnu pour votre soutien discret mais constant à la jeunesse guinéenne, à travers la culture, l'éducation et l'entrepreneuriat. D'où vient cet engagement profond ? Est-ce une vocation née de l'enfance ou une conviction forgée par votre parcours d'entrepreneur ?

 

BAKARY DIABY : 

« Cet engagement est ancré dans mes origines et dans mon parcours personnel. J'ai moi-même traversé des épreuves, et c'est précisément cette expérience vécue qui m'a conduit à vouloir aider les jeunes à croire en eux et à avancer. Pour moi, le meilleur investissement est celui que l'on fait sur l'être humain. Investir sur son prochain, c'est contribuer au développement social et au rayonnement d'un pays tout entier. Aider est, à mes yeux, une responsabilité morale autant que personnelle. »

 

M. Diaby, vous êtes connu pour votre générosité. Peu de gens connaissent votre enfance. Pouvez-vous nous en parler ?

 

BAKARY DIABY

« Par la grâce de Dieu, je n'ai pas connu une enfance difficile à proprement parler, et j'en suis profondément reconnaissant envers Dieu, le Tout-Puissant. Je viens d'une famille modeste mais aisée, qui ne nous a manqué de rien. En revanche, au cours de ma jeunesse, j'ai été confronté aux vraies réalités de la vie comme tout le monde : la souffrance, les difficultés, les échecs. Mais ces épreuves ne m'ont pas désorienté. 

 

Dans la vie, certains partent de rien pour réussir. D'autres connaissent d'abord la prospérité, puis traversent les difficultés avant de se relever — et c'est souvent le chemin le plus exigeant. Personnellement, j'ai toujours tenu tête aux épreuves de la vie, et c'est ce qui m'a façonné. »

 

Certains hommes d'affaires pratiquent la philanthropie pour la visibilité ou l'image. Vous, au contraire, semblez préférer l'ombre et le silence. Pourquoi ce choix délibéré de la discrétion ? Est-ce une philosophie de vie ?

 

BAKARY DIABY :

« Dans la vie, certaines valeurs ne s'acquièrent pas — on en hérite, on en est pétri. La discrétion fait partie de mon être le plus profond. Mes parents me l'ont transmise par l'éducation et par l'exemple. Je ne cherche pas la visibilité, je ne cherche pas à impressionner. Je cherche simplement à aider, chaque fois que cela m'est possible, parce que Dieu me le recommande. Ce sont mes valeurs fondamentales. J'ai grandi comme ça, et rien ne peut changer cela. »

 

Comment interprétez-vous le fait que des personnes viennent régulièrement solliciter votre aide ?

 

BAKARY DIABY : 

« Quand quelqu'un vient vous demander de l'aide, il met de côté sa dignité. C'est un acte de courage et de vulnérabilité qu'il faut honorer. Certes, on ne peut pas aider tout le monde, mais on peut toujours bien accueillir. Offrir une écoute attentive, donner de l'espoir, prodiguer de bons conseils — c'est déjà une forme précieuse d'aide, qui ne nécessite pas forcément de l'argent.

 

Ma première obligation, lorsqu'une personne franchit ma porte, est de la recevoir avec dignité et respect. Et franchement, je n'aime pas que l'on parle publiquement du peu de services que je rends aux gens. Cela me gêne, vraiment. J'aimerais simplement aider, dans la plus grande discrétion. »

 

En dehors de vos responsabilités professionnelles et de vos engagements sociaux, quelles sont vos passions personnelles ?

 

BAKARY DIABY : 

« J'ai eu la chance de profiter pleinement de ma jeunesse, comme il se doit. Je me suis bien amusé comme tout le monde. Aujourd'hui, l'heure est venue de bâtir, de travailler, de construire un héritage durable, de réaliser mes rêves et d'offrir à mes enfants une bonne éducation et un avenir solide.

 

Ma passion désormais, c'est la Guinée, c'est l'Afrique. Je veux contribuer à ce que le monde soit fier de la Guinée. Si l'on parle de Bakary Diaby en Afrique ou dans le monde, la première fierté revient à la Guinée. Mon vœu le plus cher serait que notre pays compte des milliers de Bakary Diaby — ou même des hommes qui me dépassent. C'est cela, mon ambition véritable. »

 

Comment évaluez-vous le climat des affaires en République de Guinée sous les nouvelles autorités ?

 

BAKARY DIABY : 

« On ne peut dissocier le monde des affaires du cadre politique dans lequel il évolue. C'est une bonne politique qui crée un environnement propice aux affaires. À ce titre, je tiens à saluer les efforts des nouvelles autorités, et en particulier du Président de la République, Mamadi Doumbouya, qui s'investit pleinement pour créer les conditions d'un épanouissement économique des Guinéens.

 

Nous pouvons créer le rêve guinéen. La Guinée regorge de richesses considérables. Il est temps que ce soient d'abord les Guinéens qui en bénéficient. Et cela a toujours été prôné par le Président Mamadi Doumbouya depuis son arrivée à la magistrature suprême.

 

Prenons exemple sur le Moyen-Orient ou le Nigéria : leurs ressources ont créé des champions nationaux qui ont tiré l'ensemble de leurs économies vers le haut. Nous aussi, avec notre or, notre bauxite et nos autres ressources, nous avons le potentiel de faire de même. Je remercie les autorités guinéennes d'avoir créé ce cadre propice, qui offre à chaque entrepreneur la chance de réussir sur place, grâce à nos propres richesses. »

 

Un dernier mot pour ces jeunes qui vous admirent — parfois sans que vous le sachiez — et qui voient en vous un modèle de réussite silencieuse et de générosité. Que leur dites-vous, à ceux qui doutent encore d'eux-mêmes ?

 

BAKARY DIABY : 

« Je leur dis : croyez en vous-mêmes. Restez humbles et persévérants. La réussite n'est pas une question de chance — c'est une question de vision, de courage et de constance. Et surtout, osez. Dans la vie, il faut oser. »

 

Entretien réalisé par Sita CAMARA 

Conception : Moïse Premier

 

© Publication exclusive

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