Du 11 au 18 avril 2026, Abidjan a accueilli la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan (MASA), grand rendez-vous des professionnels des industries culturelles du continent. Dans ce carrefour de création et de diffusion, la Guinée s’est imposée comme l’une des délégations les plus visibles et structurées de cette édition.
Une ouverture spectaculaire avec la participation des artistes guinéens
Dès la cérémonie inaugurale, la délégation guinéenne a donné le ton. Les acrobates du Circus Baobab, première compagnie de cirque en Afrique, ont électrisé la scène de l’esplanade du Palais de la Culture Bernard Binlin Dadié de Treichville, aux côtés du Ballet national de Côte d’Ivoire, dirigé par le chorégraphe international ivoirien Georges Momboye. Une performance mêlant puissance traditionnelle et audace contemporaine, saluée par un public conquis et des professionnels unanimes.
Une scène artistique plurielle et engagée
Au fil de la semaine, la Guinée a déployé toute la richesse de sa création. À travers la danse, les mythiques Ballets africains de la République de Guinée, figures emblématiques du patrimoine chorégraphique national, ont enflammé la salle Lougah François (1 500 places) avec leur nouveau spectacle *Mansa Moussa*.
Dans la salle Niangoran Porquet (300 places, toujours comble), l’humour incisif de Nènè Diabaté a trouvé un écho favorable auprès des festivaliers lors de ses trois représentations. Parallèlement, le slameur Morlus a imposé une parole poétique engagée, en prise avec les réalités sociales contemporaines, sur les scènes du Goethe-Institut et de la place Figayo, deux espaces hors du Palais de la Culture.
Sur le plan musical, le duo Soul Bang’s et Manamba Kanté a incarné le dynamisme de la scène guinéenne. Entre sonorités urbaines et héritage mandingue, leur prestation sur la scène de la Zone Street Art a confirmé la vitalité et la diversité musicale du pays. Il convient également de saluer le travail remarquable des artistes peintres de la structure Guinée Challenge, dont les œuvres ont contribué à faire de cet espace l’un des plus attractifs de la biennale.
Une diplomatie culturelle à l’œuvre
Au-delà des performances, la Guinée a également affirmé une présence institutionnelle stratégique. Des responsables du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat ont pris part aux rencontres professionnelles. Bilia Bah, Directeur général des Industries culturelles et créatives (ICC), a participé à la table ronde *« Politiques culturelles et intégration : nouveaux cadres, nouvelles richesses »*, tandis que Malick Kébé, Directeur général du Fonds de développement des arts et de la culture (FODAC), a pris part au panel *« Regards croisés sur les fonds dédiés aux arts du spectacle africain »*, accompagné d’autres cadres du ministère.
Leur participation active aux panels, conférences et sessions B2B illustre une volonté claire : structurer le secteur culturel guinéen et renforcer son intégration dans les circuits internationaux.
Réseautage, opportunités et visibilité médiatique
En marge des spectacles, les opérateurs culturels guinéens Kerfalla Bakala Camara, les jumeaux Lassine et Fousseny Koné, Lefa Aïssatou M'Baye et Mamady Diakité "Mamdy" ont investi les espaces d’échanges du MASA.
Ces rencontres ont permis de tisser des partenariats, de partager des expériences et d’ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration à l’échelle africaine et internationale.
La couverture de l’événement a été assurée par une dizaine de journalistes guinéens, contribuant à projeter l’image d’une scène culturelle dynamique et en pleine mutation.
Un engagement étatique affirmé
Cette mobilisation d’envergure a été rendue possible grâce au soutien du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat de Guinée, sous l’impulsion de Moussa Moïse Sylla. À travers le Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FODAC), le Directeur général Malick Kébé et son équipe ont facilité la participation de près d’une centaine de délégués, confirmant leur ambition de positionner durablement la culture guinéenne sur les grandes scènes africaines. Une véritable bouffée d’oxygène pour la mobilité des artistes, des acteurs culturels et des professionnels des médias.
Une vitrine stratégique pour l’avenir
Au terme de cette édition, la participation guinéenne au MASA 2026 apparaît comme une démonstration convaincante de son potentiel artistique et de sa stratégie culturelle. Entre excellence créative et diplomatie culturelle, la Guinée consolide sa place dans le paysage des arts vivants africains.
Plus qu’une simple présence, il s’agit là d’un signal fort : celui d’un pays résolument engagé à faire rayonner sa culture et à saisir les opportunités du marché culturel continental.
Aly Bongo LÉNO, depuis Abidjan pour Sitanews.net
Copyright © Sitanews. Tous droits réservés Sitanews