Photo : DR
31 May, 2026

« MAMAYA » - Trois jours d'affilée sans que le soleil se couche sur Kankan

 

Pendant trois jours, la savane guinéenne n'a pas dormi ! Kankan retrouve son calme après des jours d'effervescence totale. La dernière journée de la Mamaya s'est achevée ce samedi 30 mai 2026 sur une note grandiose, ouvrant de belles perspectives pour une 87e édition déjà très attendue._Revue en détail.

 

Fidèle à la tradition, la Mamaya s'est tenue au lendemain de la fête de la Tabaski. Pour sa quatrième année d'organisation sous l'égide du Sèdè Dandiya — soit sa 86e édition globale —, l'événement s'est voulu plus ouvert et fédérateur que jamais. Placée sous le thème « La Mamaya, miroir de la renaissance culturelle », cette édition a frémi au rythme effréné de l'intégration régionale, avec la ville d'Odienné, en Côte d'Ivoire, comme invitée d'honneur.

 

Journée 1 : Une vague bleu ciel pour lancer les festivités Jeudi 28 mai 2026

 

Pour donner le coup d'envoi de l'un des plus grands festivals de danses traditionnelles d'Afrique de l'Ouest, les festivaliers ont arboré un textile bleu ciel éclatant. Hommes et femmes ont mêlé leurs pas au rythme fou des balafons et des djembés, dans une communion festive et totale.

 

Dans son discours d'ouverture, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a réaffirmé la volonté du gouvernement de doter chaque région du pays d'une manifestation culturelle d'envergure pour célébrer son patrimoine. Il a également rappelé les liens séculaires qui unissent la Guinée et la Côte d'Ivoire.

 

Le temps fort de cette première journée reste sans conteste la présence du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, qui a esquissé quelques pas de danse au stade M'Balou Mady Diakité, sous les acclamations d'une foule en liesse, avant de rejoindre la tribune officielle.

 

Journée 2 : La Côte d'Ivoire à l'honneur, l'intégration en marche Vendredi 29 mai 2026

 

Le deuxième jour a célébré l'intégration culturelle africaine à travers le Danfani — aussi appelé Daliba —, un textile traditionnel commun à plusieurs régions de Guinée et à des pays voisins de la sous-région. Odienné a illuminé le festival par une délégation de plus de 300 personnes, composée d'élus, de dignitaires, d'artistes et de représentants de la société civile.

 

Parés de ce tissu chargé d'histoire, Guinéens et Ivoiriens ont dansé côte à côte, illustrant une proximité fraternelle qui transcende les frontières. Les autorités ivoiriennes ont salué l'initiative guinéenne de renforcer les axes de coopération culturelle et bilatérale. Le Président Mamadi Doumbouya a une nouvelle fois marqué les esprits en dansant sur le Yagba d'Odienné — un geste fort, symbole vivant de cette renaissance culturelle partagée.

 

Journée 3 : Un final en blanc, symbole de paix et de foi Samedi 30 mai 2026

 

Pour l'apothéose, les festivaliers se sont vêtus de blanc, couleur de paix, de cohésion sociale et de foi. La chorégraphie traditionnelle de la Mamaya a alors repris ses droits dans toute sa splendeur : les hommes formant un grand cercle autour des femmes, un pas à gauche, un pas à droite, deux pas en avant, deux pas en arrière, le tout rythmé par un déhanchement cadencé et élégant.

 

Pour clore magistralement cette 86e édition, la star guinéenne Azaya a enflammé la foule au rythme de la Mamaya, avant de céder la scène au maestro malien Sidiki Diabaté, qui a enchanté l'assistance avec les notes cristallines de sa kora lors d'un concert géant qui s'est prolongé tard dans la nuit.

 

Vers une reconnaissance internationale

 

Les organisateurs tirent un bilan exceptionnel et s'engagent à faire encore mieux l'année prochaine. Selon des sources proches du ministère de la Culture, le dossier avance sérieusement : la Mamaya de Kankan pourrait être officiellement classée au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO avant la fin de l'année 2026. Une consécration amplement méritée pour ce joyau de l'identité guinéenne et de la mémoire collective mandingue.

 

Ismaël Nabé de retour de Kankan

Pour SITANEWS

 

Partager sur :