Le commissaire général du FEMUA, Salif Traoré dit A'Salfo et les trois Commissaires adjoints
29 April, 2026

FEMUA 18 : une ouverture sous le signe de la grandeur et de l’intelligence artificielle

 

La 18ᵉ édition du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA) est officiellement lancée. La cérémonie d’ouverture s’est tenue ce mardi 28 avril 2026 à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) de Marcory, à Abidjan, dans une ambiance à la fois solennelle et festive.

 

Dès 16 heures, sous un ciel menaçant mais clément, les personnalités présentes ont pris place pour donner le ton de cette nouvelle édition. Le maire de la commune chic de Marcory, Aby Raoul, a ouvert la série des allocutions en souhaitant la bienvenue aux autorités et aux festivaliers. Visiblement ému, il a salué le parcours du FEMUA, dont il a été témoin des débuts, rendant hommage à la constance et au professionnalisme du commissariat général.

 

Organisé par Gaou Production et la Fondation Magic System, le FEMUA 18 s’articule autour du thème : « Intelligence artificielle : menace ou opportunité pour l’Afrique ? ». Une thématique forte, au cœur des mutations contemporaines.

 

Prenant la parole, le commissaire général du festival, Salif Traoré, alias A’Salfo, entouré des commissaires adjoints Manadja, Goudé et Tino, a surpris l’assistance en révélant avoir fait appel à l’intelligence artificielle pour préparer son discours. « Oui, je l’ai fait », a-t-il confié, précisant que cet outil lui a permis de structurer ses idées et de gagner du temps. Mais, a-t-il aussitôt nuancé, « l’intelligence artificielle est incapable de traduire l’émotion réelle ».

Le leader de Magic System a ensuite choisi de s’exprimer avec le cœur, insistant sur la dimension humaine et culturelle du festival. Pour lui, l’IA représente un double enjeu : « Elle peut être une menace si nous restons de simples consommateurs de technologies conçues ailleurs, ou si elle efface progressivement notre identité culturelle. Mais elle peut aussi être une réelle opportunité pour améliorer l’éducation, moderniser l’agriculture, renforcer le système de santé et créer de nouveaux emplois pour la jeunesse africaine. »

 

C’est la même approche du côté du ministre ivoirien de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara. Il a réaffirmé l’ambition de la Côte d’Ivoire d’intégrer pleinement l’intelligence artificielle dans son processus de transformation. Selon lui, dans le secteur culturel, l’IA constitue un levier inédit pour la valorisation et la protection du patrimoine immatériel. « Elle doit favoriser la création de richesses et soutenir le développement global de notre économie », a-t-il déclaré.

 

M. Djibril Ouattara, Ministre ivoirien de la Transition numérique et de l'innovation technologique

 

Pays invité d’honneur cette année, le Gabon a également marqué cette cérémonie. Son ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative, Paul Ulrich Kessany Zategwa, a souligné l’importance de préserver l’authenticité culturelle à l’ère du numérique. « La culture ne doit ni s’effacer ni se dénaturer. Elle doit évoluer et dialoguer avec l’innovation tout en restant fidèle à son héritage », a-t-il affirmé. Il a par ailleurs promis une immersion dans la richesse culturelle gabonaise à travers un pavillon mettant en avant les arts, les langues, la gastronomie et les traditions.

 

Marraine de cette édition, la présidente du Sénat ivoirien et maire d’Abobo, Kandia Camara, a lancé un appel fort à la jeunesse ivoirienne et africaine. « Formez-vous, innovez et osez. Faites de l’intelligence artificielle un outil au service de vos ambitions et de celles de notre continent », a-t-elle exhorté, avant de déclarer officiellement ouverte la 18ᵉ édition du FEMUA.

 

La Présidente du Sénat, Kandia Camara

 

La cérémonie a enregistré la présence de nombreuses personnalités, dont le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, Dr Eugène Aka Aouélé, plusieurs membres du gouvernement ivoirien, des représentants gabonais, le vice-gouverneur du District autonome d’Abidjan, Paulin Claude Danho, les partenaires du FEMUA, ainsi que des élus, le chef du village d’Anoumabo et sa notabilité, des autorités traditionnelles et religieuses, des artistes, des acteurs culturels, des médias, des influenceurs et des associations de jeunesse.

 

Le FEMUA 18 se tiendra du 28 avril au 3 mai 2026 à Abidjan et à Dimbokro, ville décentralisée pour rapprocher davantage le festival des populations de l’intérieur du pays.

 

Par Aly Bongo LENO, depuis Abidjan pour Sitanews.net

 

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