Le gouvernement de Mamadi Doumbouya a connu plusieurs remaniements. Un nom, lui, n'a pas bougé. Moussa Moïse Sylla reste ministre de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat. Ce maintien n'a rien d'anodin. « Il récompense un bilan », selon les avis.
Depuis 2024, Moussa Moïse occupe ce poste. Sa méthode tient en trois mots : réformes, dynamisme, écoute. Les artistes le disent eux-mêmes. Il est accessible. Il est proche du terrain. Il comprend leurs besoins.
Sa première décision forte a stimulé les esprits. Il a pérennisé une assurance santé pour les créateurs. C'était une première. C'était un symbole. Le ministère se rapprochait enfin des acteurs culturels.
Il n'a pas ignoré la scène internationale. Il a rouvert la diplomatie culturelle. La Guinée est revenue dans les forums internationaux. Elle a retrouvé sa place dans les grands festivals. Les diasporas créatives ont resserré leurs liens avec le pays.
Dans les régions, le changement se voit aussi. À Kindia, à Labé, à Lola, des villages artisanaux sortent de terre. Les infrastructures culturelles se refont une santé. L'objectif : remettre la culture au centre du développement local.
La culture entre dans la cour des grands
Moussa Moïse Sylla veut bâtir une économie créative. Dans ce modèle, l'art crée des emplois. Il attire des touristes. Il devient un moteur économique.
Cette ambition s'appuie sur un cadre plus expansif. Le Programme Simandou 2040. C'est la feuille de route de la Guinée pour les quinze prochaines années. Il mobilise plus de 200 milliards de dollars. Il compte 122 mégaprojets sur tout le territoire.
La culture y tient une place centrale. Récemment, le ministère a lancé la vague 1 de son pilier 2. Hauts dignitaires et partenaires financiers étaient présents. Le ministère pilote 35 projets dans ce cadre. Treize sont déjà en cours. Vingt-deux viennent d'être lancés. L'investissement total dépasse 2 970 milliards de francs guinéens.
Moussa Moïse a résumé l'enjeu en une phrase forte. « Les mines s'épuisent. Les cultures, elles, sont éternelles. » La Guinée ne veut plus dépendre uniquement de ses ressources minières. Elle veut aussi devenir une destination.
Le projet phare porte un nom lourd de sens. Le Palais de la Culture et des Arts Mamadi Doumbouya. Sa maquette a été dévoilée en exclusivité. Son coût dépasse 952 milliards de francs guinéens.
D'autres chantiers suivent. Un programme pour l'artisanat, financé à hauteur de 844 milliards. Un réseau de musées régionaux, à plus de 297 milliards. Des villages artisanaux à Kindia, Labé et Lola, pour 248 milliards.
Le tourisme n'est pas oublié. Les plages de Conakry seront aménagées. Le site du Voile de la Mariée, à Kindia, sera remis sur les pieds d’acier. Un campement touristique naîtra à Baro. Le Musée national de Sandervalia fera peau neuve. Le Musée du Balafon, à Sossoballa, sera agrandi.
Les traditions vivantes ont aussi leur place. Un centre dédié aux rythmes et danses du Hamana verra le jour à Kouroussa. Un espace multiculturel célébrera le Mamaya à Kankan. Un monument honorera le patrimoine de la Guinée forestière, à Nimba.
Ces projets s'appuient sur des partenaires internationaux. Quatorze d'entre eux ont été présentés à Paris, en avril 2025. Un musée virtuel se construit avec l'Agence française de développement. Le numérique entre ainsi dans la stratégie patrimoniale du pays.
Paris, une mission diplomatique
Récemment, Sylla s'est rendu dans la capitale française. Sa mission : défendre le patrimoine guinéen. Nouer des alliances. Ramener un symbole.
Sa délégation était nombreuse. Son agenda était chargé. Sa détermination, visible.
Aux Invalides, un moment fort l'attendait. Face au Coran personnel de l'Almamy Samory Touré, l'émotion était là. Pour lui, cet objet est une âme. Celle d'un résistant. Celle d'un chef spirituel, dont l'héritage a traversé les générations jusqu'à Ahmed Sékou Touré.
Le ministre plaide pour son retour en Guinée. Il s'appuie sur la loi française. Il rappelle le discours de Macron à Ouagadougou. Il cite les restitutions déjà accordées à d'autres pays africains. Pour lui, le tour de la Guinée est venu.
Le lendemain, direction Villers-Cotterêts. La délégation visite la Cité internationale de la langue française. Les discussions sont concrètes. Une exposition sur la Guinée est envisagée. Le futur Musée du Livre de Conakry pourrait recevoir un soutien. Une collaboration autour de la francophonie se dessine. Paul Rondin, directeur de la Cité, est invité aux rencontres littéraires de Conakry.
La Mamaya vise l'UNESCO
Cette danse traditionnelle porte une longue histoire. Depuis 2018, elle est reconnue au niveau national. En 2019, elle devient patrimoine culturel guinéen officiel. Aujourd'hui, l'ambition grandit. La Guinée veut l'inscrire au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, à l'UNESCO.
La démarche avance depuis 2025. Lors de la 85ᵉ édition de la Grande Mamaya, à Kankan, le ministre a annoncé une inscription proche. La nouvelle a marqué les esprits. Elle a redonné espoir aux artisans de cette tradition.
En 2026, les efforts s'intensifient. Un documentaire a été tourné. Il s'intitule « Mamaya, danse éternelle de Kankan ». Ce film garde une trace vivante. Il servira aussi de pièce au dossier UNESCO.
Sur le terrain, des chercheurs travaillent. Des bourses financent leurs études. Ils documentent les chants, les pas, les costumes. Chaque détail compte pour convaincre les instances internationales. Plus largement, la Guinée recense son patrimoine national. Elle numérise ses archives. Elle protège ses traditions menacées.
Un cadre légal enfin posé
En 2025, un tournant législatif a eu lieu. Le Conseil National de la Transition a adopté quatre lois. Le ministère les a élaborées. Elles régulent désormais tout le secteur culturel.
Ces textes couvrent plusieurs sujets. Le statut de l'artiste. La régulation du spectacle vivant. La protection des instruments traditionnels. La structuration du cinéma guinéen. Ils offrent enfin un cadre juridique moderne. Ils garantissent des droits. Ils apportent reconnaissance et sécurité aux professionnels.
Un mandat renouvelé, une légitimité confirmée... Reconduit à son poste, Sylla revient avec un portefeuille élargi. Sa légitimité ne fait plus débat. Le milieu culturel lui fait confiance. Sa disponibilité et sa proximité sont reconnues de tous.
Les défis restent nombreux. Le financement des projets. La formation des professionnels. L'organisation des filières culturelles. Ces chantiers demeurent ouverts. La culture guinéenne ne veut plus le laisser partir.
À l'annonce de sa reconduction, le ministre a tenu à rassurer. « Je poursuivrai avec détermination le travail engagé pour structurer et valoriser nos secteurs : promouvoir notre patrimoine culturel, développer un tourisme durable et compétitif, et soutenir nos artisans, faisant de ces domaines de véritables leviers de développement socioéconomique, conformément aux orientations du programme Simandou 2040. »
Le message : la culture n'est plus un secteur secondaire en Guinée. Elle devient un pilier national. Et Moussa Moïse Sylla en reste le chef d'orchestre. La culture guinéenne tient son homme !
Par la rédaction de SITANEWS
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