Le hip-hop guinéen et français se donnent la main. Du 29 octobre au 1er novembre 2026, Conakry accueille la première étape de la 8e édition du festival Lassiry Hip-Hop. Une semaine plus tard, du 6 au 8 novembre, Paris prend le relais à La Place. Entre les deux villes, un même fil conducteur : une programmation partagée, pensée comme un dialogue plutôt qu'une simple tournée.
L'ambition dépasse la scène. Ce tandem Guinée-France veut bâtir une coopération artistique durable entre deux capitales que tout, ou presque, sépare encore. Dans le plan, les artistes guinéens joueront à Paris, les Français se produiront aussi à Conakry. Chacun ira chercher un public neuf, loin de ses habitudes, et gagnera en visibilité sur un chantier battu.
Les organisateurs de Lassiry Hip-Hop parlent d'une programmation miroir : les mêmes univers artistiques, déclinés sur deux scènes, dans deux contextes culturels différents mais complémentaires. Opérateurs et administrateurs des deux pays profiteront aussi de ces temps forts pour échanger leurs pratiques et consolider leur réseau commun.
À Conakry, le programme s'annonce dense. Une conférence de presse ouvrira les festivités au Centre Culturel Franco-Guinéen. Un grand concert investira l'esplanade du Palais du Peuple.
Le Lassiry Business Tour ira à la rencontre des étudiants dans quatre universités, avec des masterclasses consacrées aux métiers du hip-hop. Une exposition de street art et des fresques réalisées dans deux quartiers populaires compléteront le volet visuel, ancrant le festival dans le quotidien de la ville.
À Paris, La Place, accueillera trois concerts croisés, réunissant artistes guinéens et français sur un même plateau, à raison de trois ou quatre têtes d'affiche par soirée. Des résidences de création réuniront les artistes en amont de chaque concert. Des conférences et une exposition performative de graffiti, jusque sous la Canopée des Halles, rythmeront ces trois jours.
Parlant des chiffres…. Au-delà de l'événementiel, le projet mise sur l'insertion professionnelle des jeunes créateurs. Le Business Tour, décliné en cinq temps — talk stimulant, panel métiers, networking, masterclasse et échange final. Le processus a donné lieu à la sensibilisation de 1500 jeunes à travers le pays.
Pas que, une centaine de porteurs de projets sont repérés, une quinzaine formalisée, et plus de 300 jeunes sont prêts à bénéficier d'un accompagnement individuel.
Vingt à trente opportunités professionnelles, stages ou collaborations, ont dû en découler. Chaque année, entre 30 et 40 projets entrepreneuriaux devraient voir le jour dans le secteur culturel guinéen, avec un effet d'entraînement sur l'emploi local.
Ce tandem Conakry-Paris illustre une conviction simple : la culture urbaine circule mieux quand elle s'organise à deux, plutôt que chacune de son côté.
Par SITANEWS
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