Mira Guetta
07 March, 2026

Entre la Guinée et « Mifa Gueya », qui doit à qui ?

 

Quand le rap guinéen toussait encore, Mifa Gueya  a débarqué comme un vent de montagne. Rugueux. Authentique. En lieu et place des bagnoles, le groupe se déplaçait à bord des charrettes. Tout le monde a vu ça, à Conakry.

 

Avec l’album « Kondebily », Magica et Two Marley ont cassé le moule. Fini les flows des quartiers friqués. Eux, ils rappaient la colline. La poussière. Les tripes. Leur vécu. Leurs bêtises. Mais tout le monde les aimait comme ça. Un accent chargé comme un freestyle sans micro. Et pourtant, ça sonnait vrai. Trop vrai.

 

Ils ont ouvert une porte que personne ne voulait toucher : celle du rap conscious qui se fout des codes. Le groupe parle sa langue, danse son rythme, et s’en bat le regard de luxe. Résultat : le mouvement a migré, des salons climatisés vers les rues sans lampadaires.

 

Alors la question reste : entre la Guinée et le groupe, qui doit à qui ?

 

La Guinée doit-elle à Mifa Gueya, la fierté du bled ? L’inspiration était brute. Des K7 d’or, des djembés d’or, et surtout une attitude : rester vrai dans un game qui vend sa langue aux diables. Aujourd’hui, ce groupe très original se retrouve dans la rue. Que fait la Guinée pour les extirpés de l’abîme ?

 

Mais, vérité pour vérité : Mifa Gueya doit aussi au rap sa survie. On aurait cru qu’ils resteraient longtemps. Le blaze s’est vite rangé dans un disque dur poussiéreux.

 

La culture urbaine, un game sale mais loyal. La société les a rendu Mifa Gueye paria. Two Marley et Magica, c’est l’histoire d’un crew guinéen qui était censé traverser le monde, têtes rasées et pieds nus. 

 

Par Sita

 

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