Asa Jazz Baba Festival
13 January, 2026

Bénin : le département du Plateau prêt à vibrer au son du Asa Jazz Baba Festival

 

Pour la première fois, le département du Plateau, au Bénin, va vibrer au rythme de la première édition du Asa Jazz Baba Festival, du 21 au 25 janvier 2026 à Pobè (Bénin). Ce festival entend révéler, célébrer et faire rayonner les cultures du Plateau dans toute leur diversité, tout en les connectant aux grandes dynamiques artistiques contemporaines du continent et du monde.

 

Pour valoriser ce patrimoine culturel du Plateau — véritable vivier de cohésion sociale, de dynamisation économique et de rayonnement régional et international — le directeur du festival, l’artiste JAH BABA, nous dévoile les grandes orientations de cette première édition à Pobè. 

 

Interview réalisée par Mory TOURÉ

 

Jah Baba, bonjour. Pourquoi un festival de jazz à Pobè et non à Cotonou ? Ce festival répond à quoi concrètement ?

 

J.B :
« Le Bénin est un pays très riche en culture, et quand on parle du Bénin, ce sont plusieurs départements, plusieurs communes, et chacun dispose de ressources culturelles particulièrement denses et riches.

Quand vous connaissez l’histoire du jazz, que vous parcourez un peu le jazz et la musique traditionnelle béninoise, vous comprenez qu’il existe une similitude. Le noyau du jazz, en réalité, c’est la musique traditionnelle africaine. Et la musique traditionnelle béninoise s’en rapproche encore davantage.

En parlant de musique traditionnelle, c’est dans les zones rurales, les zones reculées, que l’on peut réellement toucher du doigt la richesse de cette tradition, qui demeure un patrimoine immense et qu’il faut explorer.


Un festival de jazz hors de Cotonou s’inscrit donc dans une démarche de démocratisation de la promotion artistique, culturelle et touristique dans les territoires.


Il faut démystifier l’idée selon laquelle tout doit se faire dans les grandes villes. Il faut aller vers ces populations, chercher ce qu’elles ont de plus original et leur retourner cela de manière professionnelle, pour qu’en réalité, le développement tant recherché soit un développement effectif et inclusif pour tous. »

 

 

Quelles seront les grandes articulations de cette première édition de ASA JAZZ BABA ? Peut-on déjà avoir une idée de la programmation ?

 

J.B :
« Vous savez, lorsqu’on parle de culture, il y a des piliers, des éléments forts qui la définissent. Je citerai la musique, la danse, le cinéma, mais aussi la cuisine et la mode. Ce sont là les composantes essentielles qui meubleront le ASA JAZZ BABA FESTIVAL.

 

Déjà, le mot « ASA » signifie culture, « BABA » veut dire pèremaître ou patron, et « JAZZ » représente le retour à la source.
Il y aura de la musique sous toutes ses formes, de la danse, du cinéma et bien sûr de l’art culinaire. Car en réalité, il faut revenir à ce qui constitue le mystère de la convivialité, de la longévité et de la santé parfaite de nos aïeux, qui réside dans leur manière de se nourrir.

 

L’objectif, c’est de révéler et revaloriser cette identité afin que la jeune génération s’en inspire, reconnaisse son héritage culturel et le promeuve.
En plus, le festival comprendra des formations professionnelles et des panels de discussions scientifiques, pour aborder les problèmes, en identifier les causes et proposer des solutions concrètes. L’idée, c’est de poser une base solide sur laquelle chacun pourra bâtir pour le développement socio-culturel du pays. »

 

On sait que la programmation artistique est très attendue. Quels sont les artistes conviés à cette édition 2026 ?

 

J.B :
« Pour le ASA JAZZ BABA FESTIVAL 2026, nous aurons huit pays invités : le Brésil, Cuba, le Togo, le Nigeria, la France, la Belgique, Haïti et les États-Unis.
Des représentants culturels de chacun de ces pays seront présents sur le festival.
Des États-Unis viendra Ricky Bausman, un joueur de steel drum, instrument dont l’histoire remonte aux plantations d’Afrique et de Louisiane durant l’esclavage.


Du Brésil, nous accueillerons Sarah, symbole de ce lien fort entre l’Afrique et le Brésil à travers l’héritage yoruba transmis par les esclaves venus du Bénin, du Nigeria et du Togo. Haïti, quant à lui, représente une mosaïque de peuples, de cultures, de rythmes et de cultes.
La diaspora africaine sera également présente : King Mensah du Togo, Tunde Obajeun et King Sunny Adé du Nigeria. Pour le Bénin, nous aurons Zeynab, Yewhe Yeton, Michel Pinero, Lekan Fakèyè et la sublime Faty.

Côté danse, SICO et Rachel Agbossou se produiront. En mode, les stylistes Abbas et Jerry Sinclair seront à l’honneur. Enfin, sur le plan scientifique, les panélistes Coltide Daniel, Mechac Adjaho, Raphaël Sheyi et Doudou Sarr du Sénégal animeront des échanges de haut niveau. C’est donc un énorme rendez-vous culturel qui s’annonce, du 21 au 25 janvier 2026 à Pobè, dans le département du Plateau. »

 

Quels sont vos mots, ou votre appel, à l’endroit des mélomanes, des acteurs, des autorités et du public à l’orée de cette belle aventure culturelle ?

 

J.B :
« Je vous donne rendez-vous du 21 au 25 janvier 2026 à Pobè, dans le département du Plateau, pour célébrer le patrimoine culturel du Bénin. De Sakété, de Kétou, de Pobè, de la diaspora, j’invite tout le monde à sortir nombreux pour vivre un moment unique et exceptionnel. Découvrez le Bénin autrement, découvrez le Bénin à partir du Plateau. Venez, Mesdames et Messieurs, car notre culture est notre identité. » 

 

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