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27 September, 2026

Les Ballets Africains de Guinée brillent de mille feux au Grand-Théâtre de Limoges

 

Fondés au début des années 1950 et longtemps ambassadeurs culturels de la Guinée à l'étranger, les Ballets Africains retrouvent les scènes internationales. Après des années difficiles, la troupe nationale a présenté le vendredi 25 septembre, à Limoges, la première européenne de sa nouvelle création. Le ministère de la Culture porte l'opération et veut en faire la vitrine d'une diplomatie culturelle relancée.

 

Une renaissance voulue par l'État...

 

On ne ranime pas en un claquement de doigts une institution plus que septuagénaire. Le chantier a commencé bien avant le voyage en France. En mai 2024, le ministère de la Culture a signé une convention avec la Fondation Aïcha. Son promoteur, Mamoudou Condé, vit depuis de longues années aux États-Unis et connaît bien les festivals et la relance de troupes artistiques.

 

Le premier signal fort est venu fin 2025. Opposée à des artistes de 80 pays, la troupe est rentrée du Qatar International Art Festival avec trois trophées honorifiques. La relance officielle a eu lieu le 26 mars 2026. Ce jour-là, le ministère de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat a présenté un spectacle marquant la renaissance de la troupe. Plusieurs membres du gouvernement et de nombreux diplomates étaient dans la salle. Des ambassadeurs ont ensuite demandé des représentations en Inde et en Algérie. Le ministre a conclu la soirée par une formule restée dans les mémoires : « La Guinée danse pour le monde. »

 

Limoges : « Mansa Moussa » en première européenne

 

Cette reconquête commence au festival Les Francophonies – Des écritures à la scène. L'édition 2026 se tient du 23 septembre au 3 octobre à Limoges et dans sept autres communes de Nouvelle-Aquitaine. Les Ballets Africains y ont présenté « Mansa Moussa, Roi d'Or » le 25 septembre à 20 h 30, au Grand-Théâtre de Limoges.

 

Le programme de l'Opéra de Limoges souligne la portée de l'événement. Il y voit le retour des Ballets Africains après plus de trente ans d'absence, avec une grande fresque consacrée à Mansa Moussa, empereur du Mali au XIVe siècle.

 

Sur scène, une trentaine de danseurs, musiciens, chanteurs et acrobates racontent l'histoire de ce souverain, souvent présenté comme l'un des hommes les plus riches de tous les temps. Le choix des langues dit l'ambition du projet. Les chants sont interprétés en malinké, bambara, soussou, peul, toma, guerzé, baga, koniagui, dioula et mende, ce qui met en scène toute la diversité linguistique du pays.

 

Manana Cissé assure la direction artistique et Georges Momboye signe la chorégraphie. La Fondation Aïcha produit le spectacle avec l'appui du ministère guinéen de la Culture. C'est aussi la production officielle du 70e anniversaire de la compagnie et un hommage à son fondateur, Keïta Fodéba.

 

« Limoges retiendra cette date »

 

Le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, a salué la soirée en ces termes : « Ce qui s'est passé ce soir au Grand-Théâtre de Limoges, à l'occasion du festival Les Francophonies, restera gravé dans le marbre. Pour leur retour sur la scène internationale après vingt ans d'absence, les Ballets Africains ont joué à guichets fermés. Mais au-delà de la salle comble, c'est la prestation de la troupe qui a ému tout le monde. L'histoire de Mansa Moussa a été racontée par les chants, les danses et les costumes. C'est la pluralité dans l'unité de notre culture guinéenne, présentée de façon majestueuse, et le public en est resté époustouflé. »

Le drapeau national en main… Le départ de la troupe a pris un tour officiel. Le ministre a remis lui-même le drapeau national à la délégation. Le lundi 21 septembre, il avait assisté à la dernière répétition avant le voyage, en présence de l'ambassadeur de France en Guinée.

 

Une troupe née… en France

 

Ce retour en France est très symbolique, car les Ballets Africains sont nés à Paris. Le noyau de la troupe se forme en 1948 autour de Keïta Fodéba, du chanteur camerounais Albert Mouangué et du guitariste guinéen Kanté Facelli. En 1952, la compagnie joue au Théâtre de l'Étoile, puis part en tournée en Europe et en Afrique. Elle change plusieurs fois de nom avant de devenir, à l'indépendance de 1958, les Ballets Africains de la République de Guinée.

 

La reconnaissance internationale arrive vite. En 1959, après une tournée européenne réussie, la troupe donne 48 représentations à Broadway. Les chiffres de l'une de ses tournées les plus célèbres impressionnent encore : 165 capitales, 695 représentations en 750 jours, 180 000 kilomètres parcourus en avion, 33 000 en train et 21 000 par la route.

 

Après Limoges, cap sur Paris ?

 

La suite du calendrier se précise. Les Ballets Africains doivent participer à l'avant-première du grand spectacle parisien de Youssou N'Dour à l'Accor Arena. Le rendez-vous est de taille. Le Grand Bal de Youssou N'Dour et du Super Étoile de Dakar aura lieu le samedi 17 octobre 2026 à l'Accor Arena, avec de nombreux invités et quelques surprises. L'artiste sénégalais y reviendra quatre ans après son dernier passage, en 2022. La salle de Bercy peut accueillir environ 20 300 spectateurs. Pour une troupe en pleine reconstruction, une telle scène serait une vitrine exceptionnelle.

 

L'ambition va bien au-delà de ce rendez-vous. « Mansa Moussa » a été conçu pour le marché international et doit tourner sur les grandes scènes du monde, de Broadway à Dubaï. Le cap est clair. Plus de soixante-dix ans après leur naissance à Paris, les Ballets Africains reviennent en France avec l'appui de l'État guinéen. Ils portent le drapeau d'un pays qui veut de nouveau faire résonner ses tambours dans le monde.

 

Abdourahmane Barry

Pour SITANEWS à Limoges

 

 

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